Cinéma

Monsieur Je-sais-tout de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard

On aime ce premier film, Monsieur Je-sais-tout, au scénario clair et carré, qui traite de la prise en charge de l'autisme Asperger. Les réalisateurs, François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard, y dirigent le jeune acteur de 17 ans, Max Baissette de Malglaive, tout simplement exceptionnel dans son rôle tandis qu'Arnaud Ducret confirme ses talents d'acteur. Une histoire servie par des personnages qui donnent envie qu'on les suive. La partie est gagnée sur toute la ligne.

Monsieur Je-sais-tout de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard Date de sortie : 9 mai 2018
Juin 2018

Vincent Barteau (Arnaud Ducret), entraîneur de football, voit débouler dans son quotidien de célibataire endurci, son neveu Léo (Max Baissette de Malglaive), un jeune autiste Asperger[1] et joueur d'échec émérite. Cette rencontre aussi singulière qu'explosive va bouleverser l'existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.

En effet, cette petite lumière qui ne demande qu'à être allumée, le sera par le lien de tendresse et de confiance qui va se tisser entre le neveu et son oncle. Tout cela, grâce au médecin du sport (Alice David) qui sera la première à diagnostiquer « le handicap » de Léo et à convaincre son oncle qu'il est le seul capable d'aider le jeune garçon.

Avec humour et légèreté, les réalisateurs abordent pourtant un sujet des plus sérieux. La justesse du jeu d'acteur de Max Baissette (sa performance est impressionnante) nous amène à rire et sourire sans arrière-pensée : Léo est « craquant », on ne peut que l'aimer. Et c'est bien ce qui surprend le célibataire invétéré ; Arnaud Ducret distille avec grâce, sans pathos, son émotion et sa tendresse. On se sent chavirés lors de certaines séquences mais l'humour qui s'ensuit désamorce l'instant où l'on est proche des larmes. En somme, Vincent remettra en cause ses certitudes et sortira, lui aussi, de son propre enfermement.

La relation entre ces deux êtres est touchante et intelligente. Le spectateur les suit de bout en bout et ressort de cette séance la tête pleine d'émotions mais aussi de questions sur ces enfants dont le vécu est bien éloigné de ce que l'on peut connaître dans sa vie au quotidien.

Suivant en cela le message d'Alain Gillot dans son roman La surface de réparation[2], les réalisateurs de Monsieur Je-sais-tout nous font nous interroger sur ce qu'est « la normalité » et sur la place attribuée dans notre société aux personnes « différentes ». Après le roman, le film nous fait entrer dans une réflexion qui, d'une certaine manière, nous invite à changer de regard sur cette forme de handicap...

 

© Sylviane Colomer  - Centre International d'Antibes

Notes

[1]    Le pianiste canadien Glenn Gould, le champion d'échec américain, naturalisé islandais,  Bobby Fisher et l'auteure américaine Temple Grandin (parmi tant d'autres célébrités) font partie de ces créateurs qui pourraient avoir été atteints de ce type de trouble autistique.
Hans Asperger, le psychiatre autrichien qui décrivit pour la première fois les troubles spécifiques qui allaient prendre son nom, affirmait : Il semble que pour être brillant en science et art, une touche d'autisme soit essentielle.

[2]    La surface de réparation, roman paru chez Flammarion le 01-04-2015

 

 

 

 

 

 

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